Trinci, Corrado (III)


di:
Estremi anagrafici:

† 1441



Durata cronologica della dominazione:

Corrado est étroitement associé à l’exercice familial depuis au moins 1415. Sa domination prend fin en 1439, lors Foligno est prise par le légat pontifical, le cardinal Giovanni Vitelleschi.



Espansione territoriale della dominazione:

L’ensemble des espaces agrégés sous le contrôle de Corrado III est décrit par ce dernier comme “[su]o stato”.

Après la résolution du Grand Schisme, le pouvoir pontifical se renforce et la marge de manœuvre des Trinci se réduit. Les vicariats obtenus antérieurement font l’objet de renégociations difficiles tandis que Corrado s’acharne à maintenir le contrôle sur les terres dominées par ses prédécesseurs. A la fin des années 1410, son frère et lui tiennent Montefalco sans avoir obtenu le renouvellement de la légitimation pontificale. En 1421, une “tabula” des places tenues par Corrado (cf. infra) regroupe deux cités (Foligno et Nocera) et 54 terre (Bettona, Bevagna, Montefalco, Trevi…), castri, tours ou forteresses. La même année, Corrado est accusé par Martin V d’occuper Trevi illégalement (Ugolino l’avait accaparée non sans mal, Niccolò en avait nommé le podestat), ainsi que de soutenir un rebelle, Cannono da Foligno, qui s’est emparé du château de Pissignano (dioc. Spoleto). Les terres de Corrado sont menacées d’interdit et lui-même encourt la privation des charges (dont les vicariats) et privilèges accordés par le Siège apostolique. Le détail de la négociation est inconnu mais un résultat indique qu’elle a eu lieu : Corrado obtient un nouveau vicariat au temporel sur Trevi quelques mois plus tard, sans doute en échange d’une soumission réaffirmée. La même année, il est de nouveau mentionné comme détenteur du vicariat sur les cités de Foligno et Nocera, sur les terres de Bevagna et Montefalco, et sur de nombreux autres castra.

Les équilibres politiques sont rapidement modifiés et l’arrivée d’acteurs de grande envergure en Italie centrale dessert le pouvoir des Trinci. La médiation des seigneurs locaux encombre de plus en plus la papauté. En 1424, Francesco Sforza, qui sert cette dernière, s’empare brièvement de Trevi, Nocera et Montefalco. L’année suivante, les Baglioni de Pérouse se voient confier Bettona par le pape. Des affrontements opposent des troupes pontificales aux hommes du seigneur de Foligno, qui refuse de restituer les places qu’il contrôle. En 1431, Corrado reçoit l’ordre de remettre au représentant du pontife le castrum de Giano redevenu immediate subjectum (son père Ugolino en était vicaire en 1412). De fait, dès 1428, plusieurs terre e castelli auparavant confiés aux Trinci (dont Montefalco, Bettona, Gualdo Cattaneo et Montecchio) sont administrés par un commissaire spécial du pape. Les évolutions des années 1420-1430 ne sont donc pas linéaires et apparaissent comme deux décennies de négociations permanentes, où retraits et concessions alternent au gré des changements de rapport de force. La tendance reste celle d’une diminution du nombres de places concédées en vicariat. En 1432, Corrado parvient à obtenir une nouvelle fois des vicariats dans les diocèses de Foligno et de Pérouse (Nocera, la terra de Gualdo Cattaneo, le castrum de Valtopina et Castello di Poggio). Montefalco échappe un temps à son emprise et apparaît en 1434 comme racomandata de Perugia. Au regard de la papauté, de nombreux autres lieux restent tenus par Corrado en toute illégalité. En 1435, les émissaires de ce dernier à Florence doivent promettre la restitution de trois castra (Giano, Montecchio, Colle Marche) et de plusieurs tours au gouverneur pontifical de Pérouse, ainsi que de plusieurs castra aux gens de Spolète. Le seigneur de Foligno ne reçoit en échange des vicariats et des concessions que sur un territoire très réduit au regard de celui sur lequel son père avait obtenu d’être le représentant légitime de la papauté (vicariat sur Foligno, Bevagna, trois castra, ainsi que le gouvernement de Nocera, Valtopina et Gualdo Cattaneo). Les coups de force ne cessent pas pour autant et Corrado fait de nouveau occuper Montefalco en 1437.

L’influence exercée de droit ou de fait par Corrado sur les différents villes ou villages de son “stato” repose sur les mêmes piliers que ceux qui soutenaient le pouvoir de ses prédécesseurs. Parmi eux, les prêts consentis aux institutions communales (Trevi, 1433) et la possession de terres ou de maisons (Montefalco, 1432 ; Gualdo Cattaneo, 1437). La législation locale vient valider a posteriori cette position de force et plusieurs des communautés placées sous le contrôle ou l’autorité de Corrado voient leurs statuts modifiés puis approuvés par leur nouveau chef (Acquafranca, 1424).

Corrado procède en outre à l’acquisition de la propriété pleine et entière de petits castra. Il en va ainsi à Piediluco et à Miranda, dans le Patrimoine de Saint-Pierre. Ugolino III les a acquis avec leurs droits féodaux puis les donnés en dot à sa fille. Les forteresses reviennent pourtant dans la famille : le châtelain de Piediluco est un familier de Corrado en 1421, le seigneur y nomme un vicaire “ad beneplacitum” en 1422. En 1425, Miranda et Piediluco sont acquis (sols, bâtiments, droits seigneuriaux de justice ou de péage) par cinq fils de Corrado III (Ugone, Ugolino, Rainaldo, Francesco et Niccolò). Les achats de ce type se poursuivent. En 1428, Corrado achète un vaste territoire dans le duché de Spolète, entre Bevagna et Gualdo Cattaneo, avec la tour de Monteleone, des maisons attenantes ainsi que des péages.

Les communautés n’acceptent pas leur soumission passivement. Elles demandent parfois la protection d’un autre voisin puissant, comme Perugia, ou le placement sous le contrôle du pape. En novembre 1424, Montefalco obtient d’être replacée sous l’autorité directe du pontife.

Origine e profilo della famiglia:

Voir les fiches précédentes, en particulier celle consacrée à “Nallo Trinci”.


Titoli formali:

La correspondance pontificale sous Martin IV fait fréquemment suivre le nom de Corrado d’un “domicellus Fulginensis”. Dans un acte de pacification de 1428, conclu entre plusieurs franciscains dans le palais Trinci (cf. infra), Corrado est qualifié de “magnificus et illustris dominus”. En 1433, le seigneur de Foligno et deux de ses fils, Niccolò et Ugone, sont adoubés par Sigismond de Luxembourg, roi des Romains, lors de la descente de ce dernier vers Rome. La documentation impériale publiée indique que Niccolò est fait comes palatinus. Il semble vraisemblable que le titre ait aussi été conféré à son père. Une lettre d’Eugène IV datée de 1435 cite enfin le “nobilem virum Conradum de Trinciis militem”.

Dans un registre de Riformanze de la Commune de Foligno, de la seconde moitié des années 1420, Corrado apparaît de façon récurrente comme le “magnificus dominus Corradus de Trinciis de Fulgineo etc. pro sancta R. E. et sanctissimo D. N. papa in temporalibus vicarius generalis ac vexillifer iustitie populi civitatis Fulginei”. Il jouit enfin des titres conférés par les communautés qu’il dirige. En 1434, Corrado est “signore, rettore e governatore della terra” de Visso.

 


Modalità di accesso al potere:

Corrado et ses deux frères succèdent à leur père Ugolino, à la mort de celui-ci, en 1415. Niccolò, l’aîné, occupe le premier plan mais ses cadets sont appelés “seigneurs de Foligno” comme lui. Après le complot de 1421, qui coûte la vie à Niccolò et à Bartolomeo, Corrado impose son pouvoir par la force et assume la direction de la cité.

 


Legittimazioni:

Les rapports entretenus avec la papauté se font plus difficiles car les Trinci ne sont plus en mesure de servir de pivot aux politiques pontificales dans le duché de Spolète. Ils ont en particulier perdu le rôle militaire qu’ils avaient joué auprès de Boniface IX. Bien que Corrado tente d’atteindre une taille critique qui lui permette de peser face à la papauté et aux nouveaux acteurs entrés en Italie centrale, Fortebracci, Piccinino ou Sforza, il est peu à peu distancé.

Corrado mène de véritables bras de fer avec Martin V puis avec Eugène IV, alternant coups de main et soumissions là où les pontifes font se succéder menaces et gratifications. En décembre 1424, la trésorerie pontificale de Pérouse règle les dépenses d’une ambassade envoyée auprès de Corrado pour signifier à ce dernier “che dovesse obedire li comandamenti di nostro Signore sancto padre, altremente se procederia contra de lui al suo exterminio et oppressione”. Prises et occupations de places fortes paraissent être les seuls moyens d’obtenir soit le renouvellement de vicariats temporaires anciens, soit l’obtention de nouveaux titres mais en réalité, les équilibres politiques ont changé, le pape concède de plus en plus difficilement des terres occupées a priori et tend au contraire à en exiger la restitution (cf. supra).


Caratteristiche del sistema di governo:

Selon la rhétorique du temps, les actions du seigneur, attestées par une documentions trop rare, sont menées au nom du bien commun, telle la foire de Santa Lucia instituée en 1429 “considerans fore utile et commodum rei publice civitatis Fulginei eiusque comitatus”. Corrado exerce une emprise forte sur la commune dont il est le chef. Il convoque ses conseils et autorise la réunion du conseil général et public. Néanmoins, les institutions du Popolo restent incontournables. Quand un nouveau corpus de lois somptuaires est publié en 1426, alors que les rédacteurs ont été convoqués par le fils d’Ugolino, les prieurs du Popolo édictent les nouvelles normes “ex auctoritate et facultate eis concessa per consilium generale dicti communis Fuglinei”, sans plus faire mention de Corrado. La même année, ce dernier prévoit de s’absenter de Foligno et ordonne aux prieurs de convoquer le conseil de surveillance de la cité. Devant lui, il nomme six hommes et trois docteurs “ad gubernandum […] civitatem […] et assistendum Ugone”, son fils, notamment pour les délibérations avec les prieurs. Un tel moment illustre la nature composite d’un pouvoir tout à la fois personnel et familial, jouissant de capacités de nomination mais indissociable des institutions communales. L’enchevêtrement se retrouve aux nombreux moments solennels de la vie politique. Ainsi lors du serment du podestat, qui s’effectue devant les prieurs du Popolo mais par lequel le magistrat jure de protéger le “bonum statum dicti magnifici nostri Corradi et populi civitatis predicte”. Ou encore lors du renouvellement par partie des prieurs, où l’urne du tirage au sort est apporté “sur ordre des prieurs et sur ordre d’Ugone Trinci.” C’est le fils de Corrado, qui effectue encore le tirage, tout comme il réalise celui des Proconsuls des Arts des marchands et des artisans.

La force des institutions communales transparaît au moment de la chute de la seigneurie. Au lendemain de la prise de la ville, les gens de Foligno obtiennent du légat la confirmation de tous les statuts et privilèges de la commune, du droit de réformer eux-mêmes leurs lois, d’élire prieurs, podestats et officiers, de nommer un juge d’appel qui réside dans la cité. Le moment est opportun pour que l’élite urbaine décrive la “domus de Trincis” comme “adversus comune dictum et singulares personas ipsius” et qualifie de tyrannique la domination de Corrado et des siens. Les concessions du légat pontifical n’en confirment pas moins des institutions parfaitement rodées à l’exercice des pouvoirs législatives et judiciaires, revendiquant en outre la capacité de battre monnaie.

L’emprise des Trinci sur la cité et ses institutions n’en est pas moins réelle. Une pièce du dispositif de contrôle urbain est le cassarum, la citadelle érigée à l’intérieur de Foligno, dont le cardinal Vitelleschi autorise la destruction après la chute de Corrado. Dorio en attribue la construction à Trincia Trinci, en 1354, mais l’édifice reste un quasi-inconnu des sources contemporaines. Comme sans doute ses prédécesseurs, Corrado intervient directement dans la défense de la ville et de son territoire, ce qui contribue à son influence politique et sociale. Une “tabula omnium officiorum et fortellitiorum magnifici domini nostri Corradi etc. (1421-1424) laisse apercevoir le rôle joué par le seigneur dans la nomination des châtelains et des vicaires de nombreux castra : le châtelain de Nocera est en place “pro magnifico domino nostro Corrado”, celui de Verchiano est “deputatum per Dominum”. Produite par la chancellerie de Corrado, la tabula ne dit rien du processus ayant conduit à la désignation des officiers (châtelains, vicaires, podestats ou chanceliers) dans les terres et les châteaux. Elle ne cite pas les Prieurs ou les conseils de la commune. Les nominations ont pourtant vraisemblablement suivi une concertation au sein d’institutions communales dont Corrado a pu suivre les recommandations. Il est remarquable que les statuts du Popolo adoptés soixante-dix ans plus tôt, et alors encore en vigueur, prévoient eux que les décisions relatives à deux des verrous de la défense de la cité, Rasiglia et Verchiano, soient prises par le conseil général de la commune (rub. 60). La tabula suggère que dans ce domaine, un rôle important est en réalité joué par les seigneurs, Niccolò puis Corrado.


Sistemi di alleanza:

C. entretient soigneusement les liens personnels et institutionnels que sa famille a tissés depuis le milieu du xive siècle avec Florence. Il choisit des protecteurs parmi le plus haut patriciat de la cité du lys : lorsque son fils Ugolino est baptisé en 1416, il lui donne pour parrains Bonacorso Pitti, alors ambassadeur à Foligno, Matteo Castellani, Palla Strozzi et Agnolo Martellini. En décembre 1421, après le meurtre de ses frères, sur le conseil de Braccio, il envoie des messagers assurer Florence de sa fidélité et obtenir son soutien (“perchè la principale speranza mia e refugio è ne’ miei Signori Fiorentini”, écrit-il dans une lettre du 6 décembre).

La même année, il se recommande auprès du pape mais une crise éclate en 1424 au sujet de châteaux qu’il refuse de restituer à la papauté (cf. supra). Grâce à l’intervention de Filippo Maria Visconti et de Guidantonio da Montelfeltro, venu à Rome avec un fils de Corrado, un accord est finalement trouvé, qui met provisoirement fin au différend. Au titre de la composition, plusieurs milliers de florins sont remis au pape en 1425 par Cambio di Vieri de’ Medici, banquier florentin.

Les liens avec Florence sont particulièrement sollicités dans les années 1438-1439, alors que les armées pontificales conduites par le cardinal Vitelleschi menacent Foligno. Corrado supplie Cosimo de’ Medici de lui apporter une aide diplomatique et militaire (il tente également d’amadouer Francesco Sforza) mais n’obtient aucune aide véritable de Florence. Cosimo de’ Medici se contente d’écrire quelques lettres en sa faveur, sans franche implication.

Comme son père avant lui (voir fiche “Ugolino III”), Corrado utilise les femmes de la famille à des fins politiques et militaires. Le mariage ne sert pas qu’à des unions entre grandes familles mais permet aussi d’associer à ces dernières des capitaines de petite ou moyenne envergure. En 1428, Corrado donne en mariage sa nièce Elena à Taliano di Antonio Furlano, mercenaire alors à la solde de Florence. Il se lie au condottière, tout en se rapprochant un peu de l’employeur de ce dernier. Lorsqu’il attaque et pille Spolète en 1438, Corrado est épaulé par son neveu par alliance et par Francesco Piccinino.

Les alliances plus importantes se poursuivent. Niccolò et Viviana, frère et sœur de Corrado ont épousé Tora et Berardo di Rodolfo, sœur et frère da Varano. En 1429, Corrado donne son fils aîné Ugone à Orsolina, fille d’un autre fils du défunt Rodolfo, Gentilpandolfo. Des tensions existent cependant entre les deux seigneuries.

Corrado dépend très fortement des alliances diplomatiques et militaires qu’il tisse autour de Foligno et que consacrent les mariages. En 1421, il doit sa reprise en main du pouvoir à l’intervention de Braccio da Montone (sur ses liens avec le condottière, voir fiche “Niccolò Trincia, Bartolomeo e Corrado III”). Il sollicite les grands acteurs du temps, comme le duc de Milan. Des mariages sont mis au service de sa diplomatie mais le procédé est à double tranchant. Après être parvenu à un accord avec Martin V, en 1424, Corrado fait épouser sa fille, Faustina, à Giovanni Andrea Colonna, fils d’un neveu du pontife. Assiégé à plusieurs reprises (1435, 1438), il reçoit le soutien de Niccolò et Francesco Piccinino, ainsi que de Filippo Maria Visconti mais les attaques subies le conduisent à entrer dans de nouvelles alliances. Leone Sforza, frère de Francesco, attaque Foligno en 1435 : il épouse quelques mois plus tard Marsobilia di Corrado Trinci. Les grands acteurs cherchent des points d’appuis locaux et des sources de revenus (dots en terres et en numéraire), sur lesquels s’appuient les entreprises territoriales ambitieuses que subissent les seigneurs de plus petite envergure.

 


Cariche politiche ricoperte in altre citt?:

Legami e controllo degli enti ecclesiastici, devozioni, culti religiosi:

Corrado bénéficie des réseaux établis de longue date au sein des institutions religieuses de la cité. Giacomo Elmi, son cousin germain, devient évêque de Foligno en 1423. Il avait été auparavant chanoine de la cathédrale San Feliciano (1400, 1409), prieur de Santa Maria infra portas (1412) trois ans après que l’église a été rendue autonome par le chapitre de San Feliciano, puis prieur de la cathédrale (1415). Son parcours à l’intérieur des églises de la ville n’est pas exceptionnel pour un membre de la famille Trinci : Astorre di Onofrio, fils d’un autre cousin germain de Corrado, est chanoine de la cathédrale en 1409, puis de San Salvatore en 1432. Dans cette collégiale, il a contribué à l’élection de Rinaldo, très jeune fils de Corrado III, qui en cité comme prieur en 1432. Deux ans plus tôt, le garçon n’avait pas encore quatorze ans et recevait de son parent, l’évêque Giacomo, deux canonicats avec prébende, à San Martino di Morro et à Santa Maria infra portas. En 1435, Rinaldo di Corrado Trinci devient prieur de San Giovanni Profiamma. Lorsque le cousin de son père meurt en 1437, le fils encore mineur du seigneur est élu évêque par les chanoines. Le pape refuse de le confirmer car il a nommé à cette charge Cristoforo Boscari, ancien moine de Sassovivo.

Avec les membres de sa famille et plusieurs de ses familiers, Corrado appartient à la confrérie de San Feliciano, à laquelle il fait régulièrement des dons.

En 1421, Corrado obtient de Martin V, pour ses fils et lui-même, la confirmation du droit de patronage sur l’abbaye Santa Croce de Sassovivo. Selon la bulle pontificale, son père avait l’obtenu de Boniface IX. Outre son importance économique et spirituelle, l’abbaye est un élément important du dispositif de contrôle du territoire, puisqu’elle prend en charge plusieurs places fortes des environs. Un cousin du père de Corrado, Giacomo, en est toujours abbé et obtient de Martin V, en 1424 et jusqu’à sa propre mort, l’ensemble des droits de la forteresse de Landolino (dioc. De Nocera). Giacomo sert un temps les intérêts de son parent ; avec un allié de Corrado (Francesco di Bantuccio Elmi), l’abbé est procurateur du seigneur de Foligno à Florence en 1435 (cf. supra). Il ne fait pas moins partie des conjurés qui livrent Corrado en 1439. Antonio, frère cadet de Corrado, généreusement possessionné dans Foligno au cours des années 1410 (voir fiche “Niccolò di Trinci, Corrado et Bartolomeo”) puis abbé commanditaire S. Crispolto di Bettona, est nommé par Eugène IV à la tête d’une autre abbaye bénédictine, SS. Fidenzio e Terenzio di Massa Martana (entre Spolète et Todi).

Corrado entretient des liens étroits avec les Franciscains et le mouvement de l’observance, notamment avec les tertiaires de Sant’Anna de Foligno. Ces dernières qui vivent non clôturées et en communauté reçoivent de Martin V l’autorisation de constituer une congrégation. Lorsqu’elles vendent une maison dans Foligno en 1438, l’acte précise que Corrado a donné son accord. Le monastère de clarisses de Santa Lucia, fondé en 1424, adhère quant à lui au mouvement de l’observance initié par Bernardin de Sienne. Il se construit autour d’un terrain et de bâtiments offerts par Corrado, qui, en 1433, peut se dire patron du monastère. Qualifié de “devotissimus zelator” de l’ordre franciscain, le seigneur arbitre une querelle opposant le ministre de la province à plusieurs frères en 1428, et réunit les parties dans son palais. Il demande enfin à des frères de l’observance de prêcher dans la cité et offre un manuscrit enluminé au monastère de San Bartolomeo en 1435.


Politica urbanistica e monumentale:

Politica culturale:

Plusieurs artistes et écrivains évoluent dans l’entourage de Corrado, après avoir fait partie de celui de son père. Leur proximité avec le seigneur est attestée par la documentation notariée, qui les cite comme témoins dans des actes établis dans le palais Trinci.

Corrado commande la décoration de la chapelle palatine à Ottaviano Nelli, peintre de l’entourage des Montefeltre. L’artiste achève les fresques qui représentent les scènes de la Vie de la Vierge en 1424.


Consenso e dissensi:

Giudizi dei contemporanei:

Corrado pâtit d’une assez mauvaise réputation dans les sources littéraires du temps. Dans ses Bracci Perusini Vita et Gesta, Giovanni Antonio Campano le qualifie régulièrement de tyran. Après l’exécution du seigneur de Foligno, le Viterbois Nicola della Tuccia note qu’il était “crudelissimo” et que c’est lui qui a fait assassiner ses deux frères, avait de faire mourir  soixante personnes pour dissimuler son forfait. L’épisode de Nocera auquel il est fait allusion, et la chute des Trinci ont un large écho dans les chroniques contemporaines. Le complot de 1421 fournit encore la matière de quelques productions littéraires au xixe et au xxe siècle (une nouvelle : F. Ferranti, Il castello di Nocera (raconto storico), in La Rondinella, Strenna Umbra, Ancona, 1843, pp. 9-44, F. Merli, I Trinci. Tragedia storica in tre atti, Foligno, 1926).

 


Fine della dominazione:

L’un des points d’achoppement de nouvelles négociations entre la papauté et Corrado est la restitution de Montefalco. Malgré d’importantes compositions proposées par le seigneur de Foligno, Vitelleschi refuse de lui laisser la terra voisine. En 1439, il s’empare en quelques jours de toutes les possessions des Trinci (Bevagna, Castagnola, Sassovivo, Miranda) puis assiège Foligno où ses troupes pénètrent grâce à des complicités intérieures. Trahi et livré par une partie de l’élite locale, y compris des proches parents et alliés, Corrado est exécuté avec plusieurs de ses fils deux ans après sa chute. Le destin des autres membres de la famille est mal connu. La présence de Rinaldo, l’évêque qu’Eugène IV n’a pas investi, est attestée à Milan en 1450-1451. Le fils de Corrado y est pensionné par Francesco Sforza.

L’effondrement de la dynastie laisse de profondes divisions dans Foligno. En 1445, la situation n’est pas apaisée et les Prieurs doivent imposer à la ville une “sanctissima unione”. Après une prédication du franciscain Jacques de la Marche sur la place de la cathédrale, en présence du représentant du cardinal-légat et de l’évêque de la cité, les Prieurs suivis de 359 hommes jurent de respecter l’union, de mettre fin aux “odij ranchori et maliuolencie” pour retrouver les “pacifico stato” et “bon vivere”.


Principali risorse documentarie:

Sezione Archivio di Stato di Foligno, Riformanze, 24, fol. 77r, 111v-112v, 116r-118v.


Bibliografia delle edizioni di fonti e degli studi:

F. Baldaccini e A. Messini (a cura di), Statuta communis Fulginei, vol. I, Perugia, 1969, pp. 332-333 (exordium et statutarii des lois somptuaires); V. Branca (a cura di), Mercanti scrittori. Ricordi nella Firenze tra Medioevo e Rinascimento, Milano, 1986; G. A. Campano, Braccii Perusini Vita et Gesta, a cura di R. Valentini (R. I. S., t. XIX, parte IV), Bologna, 1929; A. Ciampi (a cura di), Cronache e statuti della città di Viterbo, Firenze, 1872, p. 179; Commissioni di Rinaldo degli Albizzi per il comune di Firenze dal mcccxcix al mccccxxxiii, Firenze, 1869, vol. I; A. Fabretti (a cura di), Cronaca della città di Perugia dal 1309 al 1491, nota col nome di Diario del Graziani (Archivo Storico Italiano, t. XVI-1), Firenze, 1850; M. Faloci Pulignani, Le concessioni del cardinale Vitelleschi al comune di Foligno, in Archivio storico per le Marche e per l’Umbria, vol. III, 1886, pp. 717-729; Id., Il vicariato dei Trinci, in Bollettino della Regia Deputazione di Storia Patria per l’Umbria, vol. XVIII, 1912, pp. 3-43; L. Fiumi, Inventario e spoglio dei registri della tesoreria apostolica di Perugia e Umbria dal R. Archivio di Stato in Roma, Perugia, 1901, app. 2, p. 9; A. Sansi (a cura di), Documenti storici inediti in sussidio allo studio delle memorie umbre, Foligno, 1879; A. Theiner, Codex diplomaticus dominii temporalis S. Sedis, t. III, 1862, pp. 331-333.

W. Altmann (a cura di), Die Urkunden Kaiser Sigmunds (1410-1437), Innsbruck, Regesta Imperii, 1897-1900, vol. XI, 2a parte, p. 246; F. Baldaccini, Il ms. F. 257 alla Biblioteca comunale di Foligno: atti di Corrado Trinci (1427-1432), in Bollettino Storico della Città di Foligno (BSCF), XI, 1987, pp. 39-54; M. Faloci Pulignani, Per la storia di San Giacomo della Marca, in Miscellanea francescana di storia, di lettere, di arti, vol. IV, fasc. III, 1889, pp. 65-78; S. Nessi, Declino e fine della signoria dei Trinci, in Signorie in Umbria tra Medioevo e Rinascimento: l’esperienza dei Trinci. Atti del congresso di Foligno (10-13 dicembre 1986), vol. I, Perugia, 1989, pp. 239-273; Id., I Trinci signori di Foligno, Foligno, 2006;  M. Sensi, Fraternite disciplinate e sacre rappresentazioni a Foligno nel secolo xv, in BDSPU, 71, 1974, pp. 140-217; Id., Porta Ancona, già porta Loreto, a Foligno. Note sui rapporti economici e religiosi con le confinanti Marche (secolo xv), in BSCF, IX, 1985, pp. 105-134; Id., I Trinci tra storia, stroriografia ed erudizione, in Signorie in Umbria, vol. I, pp. 171-238; Id., Per una inchiesta sulle ‘paci private’ alla fine del Medio Evo, in Studi sull’Umbria medievale e umanistica in ricordo di Olga Marinelli, Pier Lorenzo Meloni, Ugolino Nicolini, a cura di M. Donnini ed E. Menestò, Spoleto, 2000, doc. IV, pp. 549-552 (Corrado “zelator” del ordine di san Francesco); Id., La signora dei Trinci: ascesa di una famiglia, in Il palazzo Trinci, a cura di G. Benazzi e F. F. Mancini, Perugia, 2001 (Montelone: n. 159, p. 28).


Apporti nuovi di conoscenza:

Note eventuali: